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Histoire-Patrimoine

 Eglise de Saint-Pancrace

 

L’église a été construite au XVIe siècle sous le vocable de Saint Pancrace. Elle a été complètement reconstruite en 1900. En 1893, le conseil municipal, dans une délibération, « déplore l’état de délabrement de l’église et sollicite une subvention de l’état pour la réfection du plancher et le recrépissage des murs ». A cette époque, le niveau intérieur de l’édifice se trouve plus bas que celui du sol extérieur d’où la détérioration du mobilier à cause de l’humidité, le plafond menace de s’écrouler. La reconstruction de l’église est décidée en 1896 et les travaux achevés en 1900.

Ces travaux consistaient à rehausser le sol et les murs latéraux, à refaire le plafond en bois et la toiture en ardoises, le bois étant fourni par la commune. Les chapelles latérales ont été élargies. Les travaux ont été perturbés par un différend entre l’architecte et l’entreprise dû à un problème de malfaçons. 

Les travaux ont été en grande partie financés par les chartreux et de généreux donateurs dont le curé de la paroisse. A noter, qu’en 1793, sous la révolution, la population hostile au nouveau régime, tenta de descendre les cloches pour les cacher mais l’une d’elles rompit sa corde et se brisa. Selon « la Maurienne par les instituteurs » le clocher aurait été raccourci en 1862 pour récupérer les tufs qui ont servi à la construction des angles de l’école.

Autrefois, la visite de l’évêque dans la paroisse était un évènement important comme en témoignent nos registres. Cette visite durait la journée. La municipalité envoyait une monture pour transporter l’évêque. Toute la population autour du maire et de son conseil municipal l’accueillait sur la place avant de l’installer sur une estrade confectionnée pour l’occasion et de l’acheminer vers l’église où la visite durait la journée. Le matin étant réservé aux discussions sur les différents travaux à envisager concernant l’église, le presbytère et autres bâtiments paroissiaux, ainsi qu’au catéchisme des enfants, l’après-midi c’était l’office religieux. Cette visite avait lieu toutes les années.

En 1669, le 25 octobre, la paroisse est allée en procession solennelle en blanc afin d’obtenir de Dieu de la pluie pour le rétablissement de la semaille qui se trouvait presque détruite par la grande sécheresse qui a duré presque 7 mois. Le soir même une pluie drue remit le blé en état. Le 12 décembre de cette même année le baptistère rempli à la pentecôte s’était vidé par évaporation tant la chaleur était grande.

 

L'expatriation des Saints-Patins


Voici le récit dʼune famille de Saint-Pancrace dont lʼhistoire nous a été transmise par Christiane Seloudoux, petite fille de Champier Mathieu Victorin (1869-1915) et de Marie Séraphine Tetu (1863-1910) qui ont émigré en Algérie en 1906 avec leurs quatre enfants.

« Au début du 20e siècle, la vie à « St Pé » nʼest pas des plus faciles :
- La pauvreté des sols de montagne : le peu de terres cultivables, souvent morcelées par la nature ou lʼhomme, ne suffisait plus au besoin de la population.
- La longueur des hivers : toute activité était rendue impossible par la neige.
- La pression démographique : famille nombreuse. Il en résulta un goût de lʼaventure qui combiné à lʼespoir de faire fortune motiva le départ vers dʼautres horizons.
Nous avons tous des ancêtres qui ont dû un jour, quitter le lieu de leur enfance. Dés le 19e siècle : lʼArgentine à partir de 1857, le Canada à partir de 1873 et lʼAlgérie à partir de 1855, attireront leur part dʼimmigrants.
Si lʼémigration peut, à terme, se révéler favorable, il ne faut pas oublier quʼà lʼorigine, il y a toujours un problème grave : lʼimpossibilité de demeurer sur place. Après la prise dʼAlger en 1830, la France entend marquer un point décisif dans son vieux projet impérialiste. Son rêve colonial prend
forme en Afrique du Nord : la France se passionne pour lʼAlgérie. Une campagne de propagande incite la population à sʼexpatrier pour le peuplement de cette colonie. Mr Champier qui possédait une épicerie café à Saint-Pancrace, fut convaincu des promesses dʼune vie meilleure et décida de partir.
Cʼétait Mr Serain, instituteur à Saint-André qui était chargé du recrutement de jeunes couples et des démarches administratives. Cʼest à Liebert (territoire de Djenan Ben Chergui) nom du Général
Liebert qui sʼillustra en Algérie, que le couple sʼinstallera en 1906. Entre 1906 et 1908, trente-six familles vont fonder le village de Liebert, vingt-cinq sont venues de Savoie (La Chapelle, Saint-Jean-de-Maurienne, Saint-Pancrace, Fontcouverte, Villarembert et Albiez-le-Vieux).
La vie nʼa pas été facile, les récoltes étaient fluctuantes (gel, sécheresse…), les «indigènes» volaient le blé, les concessions étaient devenues trop petites, sans oublier les maladies telles que le
paludisme et la fièvre typhoïde. Certains ont préféré revenir au pays, les autres ont persisté mais dans des conditions parfois douloureuses (les grands-parents de Mme Seloudoux sont décédés
au bout de 4 ans et 9 ans de présence à Liebert). »

Lʼémigration, une chance ? Constat dʼéchec dʼabord, amertume …La fortune ? Ce fut lʼexception. Mais nʼoublions pas cette pensée dʼHenri Bordeaux :
« Si les Savoyards chez eux ont la réputation dʼêtre modestes et sans ambition, hors de chez eux, ils montrent dʼadmirables qualités de vigueur, de ténacité, dʼénergie et ils font honneur au pays où ils se fixent »

 

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